Pierre Berville

Pierre Berville

Arrête un peu ton charabia,
Tes grandes phrases qui ne finissent pas,
Qui traînent.

Tu me parles de Kandinsky,
De Kierkegaard et de Gorky,
D’Einstein.

Si tu crois que ça m’impressionne,
Tes monologues monotones,
Tes mots,

Alors que ton seul argument
Serait te taire en souriant,
Idiot.

On te croirait sur le forum,
En train d’aligner comme à Rome
Les thèmes.

Anticonstitutionnellement,
Tu occupes notre Parlement,
Méchant.

Tu pérores, tu parles et tu mens
Pour disséquer nos sentiments.
C’est chiant.

Comme si tu n’osais pas le dire,
Comme si tu n’osais pas me dire…

Pour tarir ton flot de paroles,
Sur ta bouche il faut que je colle
Mes lèvres.

Pour réussir à le faire taire,
Ton récital de sévère
Élève.

Je dois te donner la leçon,
T’enseigner les mille façons,
La science,

De tout exprimer sans discours
En récitant le mot du jour :
Silence.